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Les jardins de Larnagol

Jardins de campagne
Parcs & jardins patrimoine

Les jardins de Larnagol

Jardins de campagne
Parcs & jardins patrimoine

LES JARDINS DE LARNAGOL

Analyse du site:

1. Un parc symbiotique 

Situé dans les gorges du Lot, le domaine de Larnagol est à l’intersection de deux talwegs. Enserré entre les pechs de Cante-Duc, Pigné et Lestrucs, le village s’ouvre naturellement au sud sur les gorges du Lot.

Le domaine étend son emprise à flanc du Pech Pigné et apparait comme le trait d’union entre les collines, le village et le Lot. Le parc exploite intelligemment les deux caractéristiques essentielles du territoire,
la roche et l’eau:

– L’enchainement des cinq terrasses qui escaladent le Pech Pigné dompte admirablement le relief escarpé des collines et offre progressivement des vues imprenables sur le château en contrebas, le fleuve sinueux, les parcelles cultivées, la roche escarpée des gorges, en un mot: Le territoire .

– Au somment du parc, un système hydraulique composé d’un lavoir et de trois bassins, récolte, grâce à de petites rigoles, les eaux de sources et de ruissellement qui suintent de la roche recouverte de tufs calcaires.

Le lien indissociable entre le parc de Larnagol et son territoire apparait comme une symbiose, le parc magnifiant les éléments que lui prodigue son environnement.

2. Les vues

En contrebas du château, le fleuve est pourtant peu visible depuis le bas du domaine, masqué par les toitures du village.

La déambulation dans le parc ouvre la vue «par palier successif», au fil des terrasses. Elle révèle des points de vue contrastés et provoque des sensations contradictoires. Dans ce relief escarpé, tout est rapport de domination:

Sur le parvis du château, écrasé par la façade principale et la colline qui lui fait front, le promeneur coincé entre le glaive et l’enclume est irrémédiablement attiré par la colline. En franchissant le pontet, il arrive sur la première terrasse. Là, face au château, le rapport de force s’équilibre.

En empruntant l’escalier monumental, il arrive à la deuxième terrasse: Malgré la vue plongeante sur la première terrasse et l’échappée visuelle sur les gorges du Lot, la terrasse est toujours marquée par la forte présence de la colline.

Sur la troisième terrasse, le promeneur touche au coeur du parc:
La série des bassins et la vue magnifique sur le Lot. La situation est privilégiée, dominant cette fois nette- ment le château.
La colline apprivoisée devient le dossier d’un fauteuil en rocher. L’endroit appelle à la contemplation. Enfin campé en position favorable, le promeneur se plait à décrypter le paysage. Il comprend l’implantation du village au creux du talweg, saisit enfin son lien direct au fleuve, et apprécie l’harmonie qui se dégage de cette collaboration entre l’homme et la nature.

3. Le parc aux deux visages

La troisième terrasse couple un panorama grandiose sur le Lot et une admirable imbrication de bassins: Ces atouts majuscules font de ce lieu le coeur indiscutable du domaine.

Logiquement, les bassins couronnent l’axe principal reliant le château au reste du parc. Ils forment la figure de proue de la composition.

Pour autant, la piètre valorisation de cette colonne vertébrale donne la sensation d’un parc scindé en deux, un parc aux deux visages:

– D’un côté, dans le talweg, les abords du château composés du potager, de la cour principale et du belvédère…

– De l’autre, à flanc de colline, les terrasses…

Physiquement fracturées par la route communale, les facettes sont également séparées visuellement par l’actuel potager. En effet, la pergola contemporaine masque l’axe principale et les éléments architecturaux qui le jalonnent: Portail d’accès à la première terrasse, escalier monumental menant aux bassins. Enfin, l’écrin de verdure du potager forme un écran visuel qui brouille la lecture de la composition.

4. Une gestion pragmatique

 

En plus de ces considérations spatiales, viennent se rajouter des exigences environnementales et pratiques:

Faire de Larnagol un lieu du développement durable et créer des espaces qui puissent être entretenus facilement.

Ce double engagement implique non seulement de choisir des espèces adaptées aux conditions naturelles du site, mais aussi d’instaurer un entretien pragmatique des espaces créés. Ce pragmatisme jardinier se traduit concrètement par:
– une économie de la main d’oeuvre et des gestes d’entretien,

– le réemploi de la matière morte dans le paillage des massifs,
– la part belle laissée à l’imprévu, une liberté de mouvement des plantes aux seins des massifs et ailleurs dans le parc, une acceptation de la «plante vagabonde» qui vient enrichir la palette préétablie,
– une limitation des surfaces enherbées…

 

PROJET/

1. Les terrasses/ Les broderies de vivaces

Un axe principal large (2m) longe la double banquette existante au pied du mur de soutenement de la deuxième terrasse. Ce mur est couvert de rosiers grimpants. Les banquettes allient les roses et les pivoines. L’allée principale est bordée par d’épais massifs géométriques délimités par des buis. Ces massifs sont composés d’une matrice de vivaces et graminéesDe petites allées latérales permettent de les entretenir. Elles permettent aussi d’accéder aux plateformes d’exposition, emplacements dédiés aux oeuvres d’art qui jalonneront occasionnellement cette terrasse. Ainsi, le promeneur pourra voir jaillir des massifs colorés de magnifiques sculptures telles que le Penseur de Rodin ou la Femme debout de Giacometti!

 

2. Le potager

Le dégagement d’une partie de la pergola créé une perspective claire depuis le parvis du château jusqu’à la première terrasse. La pergola est en robinier (Robinia pseudo-acacia), bois imputrescible, réalisable par nos soins et plus économique qu’une treille forgée. Les jardinières, suffisamment hautes (50 cm) pour cultiver debout, sont réalisées en tressage de bandeaux d’acier. Le cheminement PMR longe le pigeonnier, contourne le potager jusqu’au seuil de la terrasse basse…

3. Le Belvédère

Le projet propose d’élargir l’epace central, plus adapté désormais à des réceptions, concerts et autres manifestations. En léger surplomb, la promenade longeant la façade est élargie afin d’accueillir l’été les orangers en bac, tout laissant un passage réglementaire d’1,4m. L’orangerie est directement reliée au centre du jardin par un large cheminement en pente douce. Les massifs périphériques onduleux brisent la rigidité formelle originelle du belvédère. Ces massifs de buis masquent des liaisons avec la nouvelle pergola. Ils raccrochent aussi harmonieusement le bassin au reste du jardin. Sobriété et élégance caractérise ce nouvel espace. Des plantes en pot seront disposées dans les massifs de buis et apporteront des contrastes formels et colorés…

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